Tiens,
|| vendredi 5 février 2010 (14:04) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||
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|| vendredi 5 février 2010 (14:04) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||
Extrait d'un mail écrit en juin 2009 et jamais envoyé, retrouvé en faisant de l'ordre dans mon ordinateur:
"J'ai survécu à mon premier coup d'Etat. J'ai appris que les balles traçantes, ça peut être beau, et je les ai regardées trouer le ciel de rouge tout en sachant que je ferais mieux de rentrer me mettre à l'abri. J'ai vu des colonnes de fumée s'élever au dessus de la ville. Je me suis habituée au bruit des fusils et des grenades assourdissantes. J'ai lu dans les journaux des articles sur les effets à long terme de l'exposition prolongée aux gaz lacrymogène. J'ai eu peur, un peu. J'assiste maintenant, comme tout le pays, à l'interminable jeu de chaises musicales qui cherche à placer tout le monde à un poste rentable.
Je suis coincée à Madagascar. Je ne veux déjà plus rester, et pourtant je n'ai pas encore envie de rentrer en France. Ce sont peut être des détails, la perspective de vivre dans 15m² à deux...non, c'est autre chose. J'ai assisté hier à un très beau concert, un guitariste du sud et un percussionniste, qui jouaient (entre autres) à l'occasion de la fête de la musique. On connait le percussionniste parce qu'il donnait des cours de djumbé à l'alliance française l'an dernier. Le concert était vraiment bon, dans un bar où il n'y avait personne. Nous (une table de cinq) et quatre amis à eux. Ils ont joué de 21h à 1h30 du matin et j'ai eu le sourire pour la semaine. Personne dans le bar, et les karaokés des alentours pleins à craquer, comme tous les vendredis soirs. Il nous a raconté qu'en tournée au Nigeria, il avait fait une jam session avec keziah jones. Qu'il avait joué dans le bar de Fela Kuti. Avec Femi Kuti. Est parti chercher des cds dans sa voiture.
Je pensais avant que quitter la France était un moyen de découvrir le monde. Je me retrouve avec la perspective inverse, quitter Madagascar pour pouvoir enfin voir le monde.
La semaine prochaine c'est la fête nationale. J'attends les feux d'artifice, les descentes aux lampions, les barbecues. Les étrangers ont peur et le consulat envoie des sms disant de se tenir vigilant. La semaine dernière une bombe artisanale a explosé dans un supermarché français. l'Etat major parle de terrorisme. Des camions militaire recommencent à circuler en ville, je dois souvent sortir mes papiers d'identité la nuit. Tout le monde à peur d'un retour de Ravalomanana accompagné de mercenaires - je balaie ça d'un retour de la main et je me dis que plus personne ne veut de ça. On veut faire la fête et oublier la crise."
Depuis, ironiquement, je n'ai plus du tout envie de quitter Madagascar alors qu'il va bien falloir s'y résoudre...
|| vendredi 5 février 2010 (13:29) || albinoal || aucun commentaire | aucun trackback||