L'atmosphère à Tana est particulière ces derniers jours. Comme d'habitude à l'approche de noël, il fait beau et la ville croule sous les mangues, les litchis et les marchands ambulants. Les voisins engraissent des oies dans leur cour, les taxis achètent des papas noël à accrocher au rétroviseur, l'avenue de l'indépendance se transforme en parc d'attractions. Et pourtant la préparation des fêtes se double cette année de stockage de riz et d'huile: tout le monde redoute des affrontements entre pro et anti Rajoelina, on parle de guerre civile à venir, il y a eu à nouveau hier une (petite) manifestation dispersée avec des gaz lacrymogènes. J'ai beau penser que la population joue en partie à se faire peur, tout ça n'est pas très rassurant.

La bonne nouvelle c'est qu'on devrait bénéficier d'un sursis et éviter le pire jusqu'à la mi-janvier, personne parmi la classe dirigeante n’étant encore prêt à sacrifier noël en famille et les vacances à Paris pour mettre la main sur le pouvoir. Je ne sais pas si c'est le signe que la situation n'est pas totalement désespérée ou si ca révèle au contraire à quel point la crise s'est enlisée, et à quel point tout le monde a du apprendre à vivre avec.