albinoal

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Eyes wide open //

Noël sous les tropiques, 2.

L'atmosphère à Tana est particulière ces derniers jours. Comme d'habitude à l'approche de noël, il fait beau et la ville croule sous les mangues, les litchis et les marchands ambulants. Les voisins engraissent des oies dans leur cour, les taxis achètent des papas noël à accrocher au rétroviseur, l'avenue de l'indépendance se transforme en parc d'attractions. Et pourtant la préparation des fêtes se double cette année de stockage de riz et d'huile: tout le monde redoute des affrontements entre pro et anti Rajoelina, on parle de guerre civile à venir, il y a eu à nouveau hier une (petite) manifestation dispersée avec des gaz lacrymogènes. J'ai beau penser que la population joue en partie à se faire peur, tout ça n'est pas très rassurant.

La bonne nouvelle c'est qu'on devrait bénéficier d'un sursis et éviter le pire jusqu'à la mi-janvier, personne parmi la classe dirigeante n’étant encore prêt à sacrifier noël en famille et les vacances à Paris pour mettre la main sur le pouvoir. Je ne sais pas si c'est le signe que la situation n'est pas totalement désespérée ou si ca révèle au contraire à quel point la crise s'est enlisée, et à quel point tout le monde a du apprendre à vivre avec.

|| mercredi 23 décembre 2009 (10:05) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||

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Noël sous les tropiques

D'habitude, les "psst psst" et les "bonsoir chérie" dans la rue, particulièrement dans le dos, ça énerve prodigieusement. On a beau s'y habituer et essayer de ne plus vraiment y faire attention, c'est un aspect du quotidien à Tananarive qu'on aimerait bien pouvoir faire disparaitre d'un coup de baguette magique.

Sauf hier. Hier, au supermarché, j'ai croisé un père noël qui distribuait des bonbons aux enfants. Il y en avait toute une troupe agglutinée autour de lui et de son grand panier. Quand il m'a vue passer, il s'est détourné des gamins, et de sous sa barbe blanche j'ai entendu monter un "bonsoir mademoiselle" caractéristique.

Et j'ai bien rigolé.

|| vendredi 18 décembre 2009 (09:08) || albinoal || 6 commentaires | aucun trackback||

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Le coq chante

Ce matin, réveil au son du chant des enfants qui jouaient dans la cour derrière la maison. J'ai émergé sur "il était un petit navire", puis ça a été "savez-vous planter des choux" et "meunier, tu dors...". J'ai fini par me lever sur une version française de "if you're happy and you know it clap your hands", dont je n'ai pas saisi les paroles . Du coup maintenant j'ai l'air dans la tête, et ce n'est pas facile de l'en faire sortir. Clap clap.

|| mercredi 16 décembre 2009 (07:37) || albinoal || aucun commentaire | aucun trackback||

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Cynical rant, part 1

Alors que je demandais à ma prof un exemple d'utilisation du verbe "partager" (les formes verbales en malgache, c'est un cauchemar), la première chose qui lui est venu à l'esprit c'est "mijara seza", partager des chaises. C'est une expression à laquelle on n'échappe pas en ce moment à Tana, parce que c'est devenu le sport national de l'élite malgache.

Depuis le début de la crise il y a un an, tout n'est que règlements de compte, qu'on appelle ici pudiquement des "négociations". Tous ceux qui ont un jour participé à la vie politique malgache, ou qui le voudraient, se sont invités autour de la table et depuis des semaines, chacun cherche à avoir sa part du gâteau (ou sa part des chaises, donc). Ca règle ses comptes (y'a un joli mot en malgache pour ça, "ampamoaka", le grand déballage), ça publie des communiqués à tout va, et surtout ça voyage beaucoup, Maputo, Addis Abbeba, Paris, Maputo encore...Tout ça traîne en longueur mais devrait miraculeusement s'éclaircir en janvier quand, une fois le budget voté, il y aura à nouveau de l'argent à se mettre sous la dent.

La logique n'est pas toujours facile à suivre: contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre, ce n'est pas le ministère des finances qui fait l'objet de toutes les convoitises mais l'intérieur (pour les élections à venir), la justice (pour libérer les amis), la communication (pour communiquer) et les mines (je vous laisse deviner). Leur dernière trouvaille: instaurer des commissions qui travailleront à proposer des candidats à la justice et à la communication. Ça promet.

On a donc pour l'instant un premier ministre "de consensus" qui ne gouverne personne mais reçoit tout le monde, plein de ministres pas consensuels du tout, deux vice-présidents qui se plaignent que les ministres ne leur adressent pas la parole et un président qui a décidé qu'il en avait marre et qu'il ne négocierait plus, et a, aux dernière nouvelles, interdit tous les vols à destination et en provenance de Maputo jusqu'en mars 2010.

Je vois mal dans ces conditions comment rester optimiste.

|| mercredi 9 décembre 2009 (13:45) || albinoal || aucun commentaire | aucun trackback||