albinoal

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Eyes wide open //

Babylon

Détenue par le flot de voyageurs sortant du wagon, je me pousse sur le cote et je les regarde passer. Arrivent devant moi deux gamins se tenant par la main et qui se voient obligés de se séparer pour me dépasser. Ca me fait sourire de les voir attendre le dernier moment pour se lacher la main, et se l'atrapper à nouveau un instant plus tard. Et je souris jusqu'à ce que je voie la mère m'envoyer un regard noir et lancer à la cantonnade: "Non mais pour qui elle se prend, cette imbécile?".

Bienvenue à paris.

|| lundi 27 mars 2006 (21:29) || albinoal || aucun commentaire | aucun trackback||

Eyes wide open //

dilemne

Comment fait-on quand on vient de passer plus de douze heures d'affilées devant son ecran pour cause de dissert-à-rendre-d'ici-hier et qu'en conséquence on est pris de mal au coeur et de mal a la tete assez impressionnants, mais qu'on a encore des pages et des pages à lire, et que celles-ci se trouvent toutes sur un disque dur?

Should I sacrifice my academic duties or my health? Tough choice.

I think I'll go make myself a cup of tea.

|| samedi 18 mars 2006 (00:08) || albinoal || aucun commentaire | aucun trackback||

Eyes wide open //

Futuro imperfecto

Ce que l'Amérique latine semble avoir de distinctif, c'est les situations inattendues dans lesquelles on se retrouve par hasard. J'ai longtemps eu du mal à l'expliquer à ceux qui n'y sont jamais allés; j'ai peur un peu d'entretenir les fantasmes marquezien de realisme magique ou de tomber dans l'eau de rose à la Laura Esquivel.

Mais quand meme. Je me souviens d'un dimanche matin (midi) ou j'étais sortie de chez moi encore à moitié en pyjama afin d'aller chercher des oeufs pour le petit déjeuner, et ou de fil en aiguille je ne suis rentrée chez moi que le lendemain matin juste à temps pour prendre une douche, enfiler des vetements convenables et partir au boulot, simplement parceque j'avais fait des rencontres en chemin. Sans avoir acheté le moindre oeuf, bien entendu.

Et puis un an plus tard, un copain revenant d'equateur m'a sorti une épine du pied en me racontant l'anecdote parfaite. Le soir de noel, alors qu'il se débatait en cuisine pour essayer de préparer un diner convenable, l'electricite de tout l'immeuble a été coupée. Grognon, il est descendu voir le gardien, qui leur a proposé de venir l'aider à sa campagne de distribution de nourriture dans le quartier plutot que de raler dans le noir. Ils l'ont suivi, et se sont bientot retrouves sur la place principale de Quito, ou le soldat de garde devant la porte de l'eglise avait nettement trop bu et s'amusait à tirer sur les pigeons avec son fusil de fonction. Il m'a dit que pour lui c'était ça, l'Amérique Latine: devoir courrir pour échapper aux balles d'un soldat saoul le soir de noel, devant une église. Ubuesque, mais totalement normal. Et impossible à vraiment raconter.

Alors Londres a beau etre une ville grouillante et énorme, et j'ai beau aimer les grandes villes, quelque part j'ai envie de repartir. Ici il y a des embouteillages de hummer limos et de pouss-pousse dans le west end à quatre heures du matin, ici les jeunes britanniques répandent leurs tripes sur les trottoirs et dans le metro a qui mieux mieux le samedi soir, je fais des rencontres inattendues dans les night bus et le grand écart entre concerts à l'Astoria et Operas à Covent Garden, ici c'est saucisse puree, jacket patatoes et pintes au pub du coin, pork and apple sausages and cornwall pasties, week-end engineering works and indian deliveries, "buy one sofa get one free" et des pubs sans fin pour les assurances automobiles. C'est cosmopolite à souhait, Whitechapel est indienne et Brixton jamaicaine, mais la langue la plus parlee sur ma ligne de bus est l'espagnol de la-bas, l'espagnol qui ne siffle pas comme celui de Madrid, un espagnol rempli de "no mas", "pues" et "ahorcita", doux et populaire, et putain, putain, quiero irme, lejos, ahora.

Pero esta vez quiero irme contigo.

|| vendredi 17 mars 2006 (12:16) || albinoal || 3 commentaires | aucun trackback||

Eyes wide open //

start wearing purple

Jusqu'a ce week end, mon seul vrai regret sur cette terre était de n'avoir jamais vu la mano negra en live.

Depuis vendredi soir cependant je sais que ça n'a aucune importance, car j'ai encore plein de concerts des fous furieux venus de l'est auxquels assister. Et ça vaut tous les antidepresseurs au monde.

|| mardi 14 mars 2006 (02:17) || albinoal || 6 commentaires | aucun trackback||

Eyes wide open //

Ni siquiera

Bizarre comme parfois tout peut perdre de son interet. Comme aujourd'hui je ne crois en rien. Je regarde passer les gens en pensant a autre chose, meme la perspective de partir loin, meme la perspective du soleil ne me font pas rever. Je travaille sans conviction, je regrette vaguement d'etre ici, je suis cynique sans avoir l'envie d'etre mechante.

Pourtant j'ai recu un mail plein d'etincelles qui aurait du ravivier quelque chose en moi. Pourtant il y a Gogol Bordello en concert dans moins d'une heure, pourtant un week end sympa s'annonce. Il pleut sans discontinuer depuis quatre jours, et c'est tellement londonien que ca devrait au moins me faire sourire.

Mais ce soir je suis vaguement convaincue que le monde entier est con, et que de toute facon ca n'a aucune importance.

|| vendredi 10 mars 2006 (18:14) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||