albinoal

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Eyes wide open //

Indlala

Juste pour rappeler Madagascar au monde.

Un nouveau cyclone, Jaya, vient de débarquer sur le Nord de l'île.

|| mardi 3 avril 2007 (15:48) || albinoal || 77 commentaires | aucun trackback||

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jeudi soir

A partir d'une certaine heure, les taxis-be vers Mahamasina se font plus rares. Il commence à pleuvoir et j'en ai un peu assez de faire le pied de grue; je soupire et finis par en prendre un qui me dépose à Anosy, et je fais le reste du chemin à pied.

Ce jour-là c'est jour de marché, et même s'il fait déjà noir depuis plus d'une heure la route est encore pleine de monde. Les gargottes improvisées sur le bord du trottoir servent des bols de riz et de bouillon, les marchands de pommes ou de seaux en plastique discutent, les charettes se fraient un chemin à travers la cohue. Tout ce petit monde est éclairé uniquement par les flammes de feux en bord de route, et par quelques gamins qui jouent avec des lampes de poche. Moi je m'efforce d'éviter les trous que je devine à travers les gouttes sur mes lunettes et je garde une main négligemment posée sur mon sac.

Je m'éloigne un peu du brouhaha. Arrivée devant la maison je passe la main à travers la grille, ouvre le cadenas puis monte l'escalier envahi par la végétation, et en poussant la porte je me retrouve chez nous. Tout celà est étrangement familier.

|| dimanche 18 mars 2007 (13:55) || albinoal || 13 commentaires | aucun trackback||

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Dans la rue du sakamanga

La révision constitutionelle prévoit de supprimer la laicite de l'Etat, et les journaux ne parlent que de décentralisation. Les dimanches sont calmes ici, alors je prends des nouvelles des bouts du monde auxquels je tiens. J'ai trouvé un jolie petite maison bleue avec une grande terrasse, ca présage de nombreux barbecues à venir. Je me balade dans des marchés, achete des prunes et des vestes sorties tout droit des zones franches que le FMI veut supprimer. Les vazahas essaient de se debarasser des soualards du samedi soir en leur refilant des clopes, et ca ne marche pas. J'ai appris un nouveau mot: "alefa", il parait que ca veut dire "pourboire" et c'est devenu une unité monétaire, deux cent ariary, un alefa et le bonhomme sorti de nulle part qui vous aide à faire un creneau en pleine nuit. Le monde des blancs est un peu bizarre ici, il y a surement un moment ou on arrive a surmonter le decalage.

En attendant lever demain aux aurores pour aller le récupérer à la sortie de l'avion. Ca va faire bizarre de ne plus être toute seule.

|| dimanche 4 mars 2007 (17:48) || albinoal || 8 commentaires | aucun trackback||

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L'Express de Madagascar

Madagascar organise un référendum d'ici un mois. Je l'ai appris assez vite: tous les journaux en parlent, et la date risque d'etre repoussée à cause des intempéries. Par contre pour savoir sur quoi les malgaches allaient voter, ça a été une autre paire de manche. De ça, les journaux ne parlaient pas, et en demandant autour de moi je n'ai eu que des réponses évasives: ça avait trait à la constitution. Vu qu'une révision contitutionelle ne passe d'habitude pas inaperçue, je me suis dit que les malgaches n'étaient pas très intéréssés par la politique, point.

Et puis ce matin, j'ai ouvert le journal. Et j'ai mieux compris le désinteret des malgaches en lisant, médusée, un article des pages intérieures: "Révision Constitutionelle: contenu confidentiel avant le conseil des ministres". Ce n'est pas qu'ils ne s'interessent pas à la politique, c'est qu'ils ont compris depuis longtempts qu'il n'y avait rien à quoi s'interesser.

|| mardi 27 février 2007 (17:32) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||

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Llegada

A peine une semaine que je suis là, et j'ai déjà réussi à me faire morde par un lémurien. J'aurais peut être du, apres tout, me faire vacciner contre la rage.

Sinon, Tananarive a des côtes familiers (un magasin Hediard en centre ville, devant lequel je me fais un devoir de changer systematiquement de trottoir tellement je trouve ca indécent, des vendeurs de rue qui proposent des girolles, et des restos dont la carte affiche fois gras et magret de canard) et des côtés beaucoup plus dépaysants. Ici c'est jus de grenadelle à gogo, trottoirs défoncés qui s'enfoncent dans les égouts, gros orages et coups de soleil, Khadafi qui se paie des pleines pages dans les journaux pour se plaindre d'etre persécuté par les tribunaux internationaux. Les taxis sont des deux chevaux dont il ne reste plus que la carcasse, le reservoir une bouteille de plastique coincée entre les jambes du chauffeur. Et un cyclone nous tourne autour.

La (deuxième) première impression, c'est que ça fait un bien fou d'être ici.

|| mardi 27 février 2007 (17:21) || albinoal || 3 commentaires | aucun trackback||

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Ho ho ho

La mauvaise nouvelle, c’est que je viens de louper mon permis pour la cinquième fois et que je n’ai plus un sou en poche. J’ai failli écraser des gamins allant à l’école et j’ai brûlé un feu, il parait que c’est éliminatoire.

La bonne, c’est que j’en ai rien à faire vu que dans un mois je suis à Mada, que je le repasserai là-bas et qu’à Tananarive, il n’y a pas de feu rouge. En attendant je me laisse doucement entraîner par les préparatifs du départ, visas-vaccins-cartons-billets-au revoirs. Moi qui m’inquiétais un peu à la perspective de faire rentrer ma vie dans 20kg de bagages, je découvre qu’on me paie 150kg de fret - et que je suis loin d’avoir de quoi les remplir. D’où un certain nombres de questions existentielles (j’emballe la tour dans du papier bulle ou du papier mousse?) qui s’ajoutent à celles qui existaient déjà (mais que va-t-on faire des billets pour mahaleo?) et aux angoisses multiples (comment vivre sans adsl?).

Je découvre aussi qu’il y a pire que de partir vers l’inconnu, et que c’est partir vers un pays que l’on connaît déjà (un peu). Une partie de moi a donc décidé que Madagascar est un pays glauque, sans cinéma, où les délestages sont monnaie courante et où on se lave les cheveux avec des bassines. Heureusement que l’autre reste égale à elle-même et fait comme si de rien n’était, rêves bizarroïdes mis à part. De toute façon on ne me la fait pas : que je me prépare ou pas, que je sois prête ou pas, je vais de toute façon me retrouver dans l’avion, et il sera bien temps alors de me poser des questions.

|| samedi 27 janvier 2007 (02:57) || albinoal || 118 commentaires | aucun trackback||

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2007, peut-être...

C'est bien joli toutes ces balivernes sur Madagascar, mais au moment où se posent les questions serieuses - suis-je prete à aller m'y installer un an ou deux?- je perds totalement les pédales.

|| jeudi 21 décembre 2006 (10:26) || albinoal || 134 commentaires | aucun trackback||

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Arrêt sur image

sainte marie

J'ai toujours eu un peu peur à l'idée d'aller en Afrique, pour une raison toute bête: j'allais être blanche au milieu des noirs, riche au milieu des pauvres, française en françafrique. Blocage psychologique assez idiot pour des tonnes de raisons, et essentiellement dû au fait que j'imaginais qu'il serait impossible pour moi de passer inaperçue.

On peut dire que j'ai été servie. A Madagascar le "blanc" est carrément un concept: c'est un "vazaha". Hors des centre villes j'étais l'animation touristique du quartier, les enfants me regardaient avec de grands yeux, me lançaient "bonjour vazaha"!; les plus âgés faisaient des commentaires discrets ou cherchaient à engager la conversation. Je répondais "bonjour", "bonjour gasy" quand les parents étaient autour parce que ça les faisait rire. Avec lui, les commentaires se faisaient plus discrets et souvent lui seul les remarquait, mais dès que je m’éloignais un peu j'en prenais pour mon grade. Prendre le taxi brousse toute seule, c'est devoir s'attendre à être le centre du voyage; conversations avec moi en français et en malgache entre eux, blagues auxquelles je ne comprends rien, sollicitations constantes de la part de tout le monde. C'est sur que ça facilite la conversation et les contacts, que ça permet de rapidement faire connaissance, d'entendre l'histoire de chacun. Mais ça a aussi des côtes lassants, et on a beau faire il est impossible de décider d'ignorer tout ce monde qui se tourne vers soi.

La deuxième chose qui m'a marquée lors de mon séjour, c'est qu'en plus d'être une vazaha, j'étais sa femme. Passée la surprise initiale ("il y a une vazaha dans la cour!"), ses copains m'ont traitée comme une soeur, sans poser de questions, j'étais la bienvenue partout. Au point de m'accompagner au marché pour être surs que je ne me ferais pas rouler, de danser avec moi quand j'avais trop bu, de me faire la conversation en français alors que ça leur demandait un certain effort. "Si tu aimes cette fille, elle fait partie de la famille": aucune réticence, j'étais adoptée. J'ai été soufflée, au point même de me sentir légèrement coupable, moi qui n'avais rien fait pour mériter cette affection.

Culturellement c'est à mille lieues de paris, où sa famille me voit encore comme cette fille un peu bourgeoise qu'il a rencontrée on ne sait ou. C’est certainement ce qui m’a le plus dépaysé, et avec le temps c’est aussi sûrement ce qui me donne le plus envie d’y retourner.

|| vendredi 3 novembre 2006 (03:30) || albinoal || un commentaire | aucun trackback||

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H5X6RN (logon)

La connexion à internet à Madagascar est des plus aléatoires (et les cyber cafes ont tendance à passer des films pornos à plein volume, mais c'est une autre histoire), et on a souvent autre chose à faire que penser à la france: résultat, depuis que je suis ici pas un mot, alors qu'il y a plein d'histoires que j'aurais voulu raconter (que je raconterai). Mais je tiens avant de partir à laisser au moins quelques mots écrits depuis Tana. Alors me voici à Isoraka, le quartier bobo par excellence, plantée devant un clavier, à écrire que je suis là, que j'y étais, souviens-toi. Soava, Hira and Benja attendent à l'épicerie du coin, il faut que je me dépêche.

Sinon, les trois premiers mots que j'ai appris sont "soa ny fiarahantsika"; ça veut dire "il est bon d'être ensemble" et c'est la pub pour une bière. La culture malgache rentre, pas de doute.

|| mercredi 4 octobre 2006 (17:28) || albinoal || 2 commentaires | aucun trackback||